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Rencontre avec Marie Laure Viriot auteure et illustratrice pour le journal de Fanette et Filipin

Si vous lisez le journal de Fanette et Filipin vous devez sans doute comme moi, adorer les histoires et les jeux de Marie Laure Viriot. Si vous ne la connaissez pas encore, vous allez être enchanté par ces quelques illustrations à l’aquarelle. Et je vous invite à savourer tranquillement l’entretien qu’elle nous a accordé, c’est une belle histoire…

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Isabelle : Nous vous avons découvert en France grâce au journal de Fanette et Filipin où vous illustrez des histoires mais vous y êtes aussi auteure, pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique et de votre rencontre avec l’équipe de Fanette ?

Marie Laure : J’ai fait un séminaire de formation pédagogique à l’école Steiner de Chatou et je suis ensuite allée faire une formation de peinture thérapeutique à l’école Margareth à Hauschka près de Stuttgart. J’ai rencontré là ma famille spirituelle et j’y ai redécouvert la Nature. Je passais beaucoup de temps dans la forêt à regarder toutes les formes des fleurs, des feuilles et des troncs d’arbres. Ça a été pour moi un vrai retour aux sources et c’est là que ma « deuxième » vie a commencé. L’apprentissage de la peinture thérapeutique a été très thérapeutique pour moi aussi ! Cette école n’existe, hélas, plus aujourd’hui.

J’ai travaillé et appris là-bas toutes les techniques aptes à aider et à accompagner les personnes en difficulté physique ou psychologique : aquarelle sur papier mouillé ou voiles sur papier sec. Mais également les techniques graphiques comme le dessin de forme.

Bien sûr, il fallait préalablement avoir suivi une formation artistique que j’avais faite à Paris pour maîtriser le sens de la composition, l’utilisation des couleurs, etc…

Suite à cette formation, j’ai fait un stage pratique à la clinique anthroposophique Ita Wegmann à Dornach en Suisse. Puis j’ai eu l’opportunité d’aller dans une école Waldorf en Allemagne et je suis devenue pour dix ans professeure de dessin-peinture.

Au moment de la naissance de ma fille, j’ai rencontré le fondateur d’une revue allemande pour enfants (équivalent de Fanette et Filipin) et pendant une dizaine d’années, j’ai participé à la rédaction et à l’illustration de chaque numéro.

En 2013, j’étais à la recherche d’une maison d’édition en France pour éditer Kokina et Trois-Noisettes qui me tenait particulièrement à cœur et j’ai ainsi eu la chance de rencontrer Valérie qui avait en projet de fonder une revue en lien avec la pédagogie Steiner. J’ai aussi eu la chance qu’elle tombe en amour avec mes illustrations (c’est elle qui le dit !) et nous sommes devenues des compagnes de travail. C’est avec grand bonheur que je fais des illustrations pour Fanette et Filipin depuis le premier numéro. C’est un journal qui devrait décorer chaque rayon de journaux pour enfants ! Et j’ai publié deux livres aux éditions Belle Emeraude : Kokina et Trois-Noisettes et La Fleur de minuit.

Kokina

Valérie : Pouvez-vous nous parler un peu de Kokina ?

J’ai écrit cette histoire quand ma fille était petite et je l’ai illustrée. Je voulais donner aux enfants l’envie de porter un regard aimant sur les petites choses de la vie et de la nature, car plus on regarde, plus on est riche à l’intérieur de soi.

Je voulais leur montrer que l’on peut créer avec les petites trouvailles de la nature des objets amusants qui racontent des tas de choses. Voir ou percevoir la richesse du monde naturel autour de soi, permet de se connecter à notre richesse intérieure. C’est une manière de développer l’imagination, une valeur si indispensable à l’équilibre de chacun.

Kokina est un livre qui nous permet de remplir notre «besace à trésors », comme le fait justement Trois-Noisettes, toujours émerveillé, amusé, enchanté par ses trouvailles et par les objets d’art qu’il en fait.

Isabelle : Votre site internet est magnifique mais est en allemand, il mériterait d’être visible en anglais et en français , vous résidez en allemagne et vous êtes allemande ?
Pas du tout, je suis française mais j’ai choisi l’Allemagne comme pays d’adoption depuis bientôt 40 ans !

Isabelle : Pouvez vous nous parler des qualités de l’aquarelle pour les enfants ?

L’aquarelle a d’indéniables qualités thérapeutiques. Elle est apaisante, stimulante, enrichissante. Elle appelle l’imagination et rend le bonheur de vivre à ceux qui l’ont perdu. Elle redonne confiance en soi. Elle permet aux enfants turbulents de se concentrer, aux enfants endormis de s’éveiller. La peinture thérapeutique est un atout pour ceux qui sont en quête d’équilibre. Je dirais même que tout le monde a à gagner de pratiquer la peinture thérapeutique.

Dans de nombreuses écoles Waldorf se trouve un endroit où les enfants peuvent pratiquer cet art si bénéfique. Il est bon aussi que la peinture faite dans les petites classes suive en gros des principes analogues à la peinture thérapeutique. Les cours de peinture peuvent ainsi aider au développement des élèves dans leurs tempéraments respectifs.

On appelle cela « peinture d’hygiène ». 

Valérie : Comment parvenez-vous à rendre les animaux si vivants ?

Je suis née avec un pinceau dans les mains. J’ai commencé par peindre les plantes et les fleurs. J’ai aussi eu des chiens et des chats qui ont été pour moi une révélation et qui m’ont beaucoup aidée. Ce sont eux qui m’ont introduit dans le monde fascinant des animaux. Je les observais du matin au soir. Et eux m’observaient aussi ! J’étais fascinée par la douce rondeur de la tête de mon chat. Je passais mon temps à le caresser du regard. Je crois que je me suis donné comme but de ma vie l’observation. Je photographie tout intérieurement avec mes yeux. Et aujourd’hui, je peins les animaux grâce à cette mémoire que j’ai cultivée à chaque instant depuis mon enfance. Le mouvement de la queue d’un chat qui traverse la rue. Le regard d’un âne. Le frémissement des narines d’un toutou à l’heure de la pâtée. Les petites pattes rosées et si fines d’un hamster qui tient une graine de tournesol.

Quand j’étais petite, j’ai eu la chance que mes parents nous emmènent pique-niquer le soir dans la forêt. Nous attendions que la nuit tombe en écoutant l’arrêt du chant des oiseaux, le chuchotement des feuilles dans les arbres. C’était l’heure bleue, entre chiens et loups. Un mélange granuleux de jour et de nuit, de clair et d’obscur, un monde merveilleux où tout devient mystérieux. J’étais Trois-Noisettes. Je respirais l’odeur de la mousse. Un de ces soirs magiques j’ai rencontré une petite salamandre qui m’a complètement fascinée tant elle était mignonne.

Isabelle : Votre art est typiquement de » l’art Waldorf », pouvez vous nous parler de la technique du voile ?

La technique des voiles est une forme de méditation des couleurs. On se met à l’écoute tout en restant très vigilant.

 A partir de la feuille blanche, le premier voile est comme un souffle de couleur. Au fur et à mesure, on intensifie les couleurs par des voiles. La difficulté, c’est la propreté des voiles qui ne doivent pas venir « salir » avec leurs contours les autres voiles déjà posés.

Dans ce type de peinture, on entre en intimité avec le monde et les forces de la création : il y a ce que je voudrais faire apparaître et ce qui apparaît. Il faut être autant acteur qu’observateur. Etre totalement à l’écoute de ce qui se passe dans l’élaboration d’un sujet. Plonger aux sources et faire naître au fur et à mesure. On devient le sujet en restant soi-même.  

Le cheval et l’enfant à retrouver en carte postale dans la boutique belle émeraude, série enfants dans la nature

Pour peindre un bouquet par exemple : c’est toi qui dirige mais une main invisible te guide dans cette élaboration. En fait, c’est comme une lente cristallisation : tu commences ta peinture dans le monde des couleurs douces et tu te cristallises lentement vers le monde physique dans tous ses détails. Tout l’art est de savoir quand s’arrêter !

C’est le centre d’équilibre entre la lumière et l’ombre, le blanc et le noir avec toutes  ses fluctuations de tonalités.

Il y a deux sortes de lumières à travailler :

On commence la peinture par une lumière pâle et omniprésente, très transparente. Les premiers voiles sont donc légers, enchanteurs et pleins de lumière. Puis cette lumière doit être confrontée à l’obscurité. Il faut pénétrer de plus en plus dans l’intensité de la couleur, dans son côté « ombre », et réussir à mettre en équilibre les zones de lumière et les zones d’ombre. Comme un chef d’orchestre, on est à l’écoute (visuelle) de tout l’ensemble : une petite touche de couleur transforme toute la composition. Par exemple une pointe de rouge réveille tout une plage de vert, loin de l’autre côté de la feuille.

C’est à ce moment qu’intervient le petit tour de magie : faire renaître, de cette ombre, une nouvelle lumière, dans certaines zones de la composition !

La première lumière, c’est la lumière « facile ». Goethe disait : « Les couleurs sont les actes et la douleur de la lumière dans l’obscurité ». Et il est vrai que l’on ressent une douleur en faisant ce travail parce qu’on participe intérieurement à cette métamorphose. On est obligé de sacrifier de jolies couleurs claires pour les foncer et les obscurcir, afin de rendre certaines zones du début plus foncées, plus lumineuses… D’une luminosité « enrichie » grâce aux contrastes de certaines parties avec d’autres encore plus sombres. C’est comme un être humain qui passe par la douleur et qui en ressort avec une lumière intérieure nouvelle.

La première lumière est une lumière un peu superficielle, sans expression. La seconde lumière est une lumière de renaissance. Lorsqu’on travaille vraiment ce processus, la première lumière souffre parce qu’elle est presque tuée par l’ombre, puis elle en renaît, comme humanisée ou animée. C’est une lumière de chaleur. Elle renaît des contrastes avec l’obscurité qui l’a créée. A ce stade, la première lumière a complètement disparu. Il faut donc retrouver un nouvel équilibre entre l’obscurité et la nouvelle lumière.


Isabelle : Avez vous des projets dont vous aimeriez nous parler ?

Depuis longtemps je porte en moi une petite histoire sur le bien-être des animaux.

Je prépare donc un livre qui racontera l’histoire d’un cirque pas comme les autres dans lequel  les animaux sont heureux, libres et enchanteurs, tenu par une petite fille rigolote et pleine d’imagination.

Je suis en train de l’écrire et de l’illustrer. Il paraîtra aux Editions Belle Emeraude dans un temps proche, j’espère. Peut-être pour la fin de l’année…

 

Marie Laure vous offre cette carte postale inédite « la famille hérisson ».

Pour ce faire, ouvrez cette image, enregistrer sous (clic droit) puis imprimer sur un papier épais

 

 

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Pour vous procurer les albums illustrés de Marie Laure, Kokina et La fleur de minuit, rendez vous sur la boutique en ligne des éditions Belle émeraude. Vous trouverez aussi des cartes postales de l’auteure pour envoyer à vos amis ou pour décorer votre maison, votre table des saisons. Et pour retrouver des histoires inédites et de nouvelles aquarelles de Marie Laure abonnez vous au journal de Fanette et Filipin.ou offrez vous les anciens numéros.

 

 

 

Autour de bébé/ Around Baby classe 4 dessins de formes école à la maison éducation waldorf

Et du côté de notre instruction en famille

Ces dernières années j’avais l’habitude de vous parler notre instruction en famille avec la pédagogie Steiner Waldorf. Peut être que cela vous manque ? peut être qu’au contraire vous préférez lire des articles plus légers sur notre vie de famille et sur l’éducation Waldorf en général, sur mes créations ou la laine ? En tout cas en ce qui me concerne je n’aime plus trop faire ce genre d’article et je me demande à qui cela sert…et puis avec une étudiante en moins j’ai tout de même moins de choses à montrer. Sachez aussi que le unschooling prend de plus en plus d’importance chez nous, non pas que j’en suis une adepte mais tout simplement parce que mon garçon de presque 10 ans n’aime pas écrire, ni dessiner et que c’est un peu compliqué de travailler ensemble alors il apprend beaucoup par lui même dans les livres et que sa passion pour la minéralogie,les fossiles et l’archéologie lui accapare presque tout son temps…et qu’il apprend beaucoup mieux ainsi. Et que notre inspecteur a aussi trouvé que cette façon d’instruire était satisfaisante.

Je tiens tout de même à lui faire vivre certains principes de cette pédagogie qui peuvent être proposés pour tous les enfants qu’ils soient scolarisés ou non car c’est une aide précieuse pour leur développement et des piliers sur lesquels nous parents pouvons nous appuyer dans ce passage difficile des 10 ans :

Les récits qui jalonnent les différentes classes et âges sont vraiment importants et exactement ce à quoi l’enfant doit se référer. Les mythes et les récits nordiques sont prépondérants mais il y a aussi tout les récits héroïques. Par exemple en ce moment nous lisons « Gardiens invisibles » de Jacob Streit

Le dessin de forme est aussi une aide précieuse pour nous car avec lui anselme travaille son tempérament, ses faiblesses et ses forces, c’est aussi une manière de travailler la fluidité et la rapidité dans l’écriture. Plus je fais du dessin de forme plus j’apprécie cet art, c’est incroyable tout ce que l’on peut déceler et résoudre.

L’aquarelle sur papier mouillé, le mardi c’est le jour de l’aquarelle. Là pas de souci tout le mon de aime et bébé appoline (18 mois) se joint à nous. Avec anselme (10 ans) je lui propose un thème ou un exercice puis il peut ensuite faire une peinture libre. C’est très valorisant pour lui même si sur le papier il doit se heurter à des expériences difficiles, tandis que pour bébé c’est l’immersion dans le rose pêche et dans l’élément eau. Et c’est pour moi très vivifiant et même si j’accompagne les enfants je peins aussi, il est d’ailleurs important pour les enfants de prendre modèle sur l’adulte sans recevoir d’explications. Je fais de la peinture intuitive et aujourd’hui comme la semaine dernière c’est une figure humaine ou angélique qui est sortie de ma peinture.

Du temps passé dans la Nature, des relations sociales et un rythme de vie calme et simple voilà les derniers et principes essentiels que nous essayons de vivre au quotidien avec nos enfants.

Et la petite Appoline vit sa vie de bambine et je ne me lasse pas de l’observer et de la photographier.

à très bientôt !

 

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La peinture à la maison avec la pédagogie Waldorf

Cet article est tiré en partie de la la traduction du livre « Painting in waldorf education » de Dick Bruin et Attie Lichthart, de mon expérience avec les enfants et de ma pratique personnelle en tant qu’art thérapie (peinture hauscka)

Le matériel que nous utilisons :

Des aquarelles stockmar

Des pinceaux larges et plats genre brosse

Des coupelles en verre ou des pots à couvercle

Un porte coupelles

Une planche en plastique ou en bois pour poser le papier mouillé

Du papier spécial aquarelle hauscha/waldorf ou le papier en rouleau de chez ikea,

J’achète mon matériel chez Mercurius France. C’est la référence française pour trouver le matériel utilisé dans la pédagogie Steiner Waldorf.

seance-peinture

la création du monde jaune bleu bleu jaune les complémentaires

 

 

Pour le jardin d’enfant (3 à 6 ans)

Proposer à l’enfant le rouge, le bleu et le jaune une couleur à la fois. L’adulte devra auparavant préparer les couleurs. Pour trouver le jaune pur il devra mélanger du jaune d’or et du jaune citron, idem pour le bleu (bleu de Prusse et d’outremer) et le rouge (carmin et vermillon).

L’éducateur devra faire ces exercices (pour lui même)et créer un cercle des couleurs pour obtenir avec les trois couleurs primaires le vert, le violet et le orange.

Les enfants devront travailler librement les couleurs ou en s’inspirant de ce que l’éducateur fait ou par de petites histoires. On pourra aussi inviter un artiste.

A la fin du  jardin d’enfant les enfants devront connaitre les 6 couleurs (en les ayant exploré et nommées). Dans la première classe les exercices pourront être faits dans un contexte plus large.

Pour la première classe (6/7 ans)

Maintenant, étape par étape, l’enfant peut découvrir le pays des couleurs avec toutes ces règles et ces opportunités.

Lors d’une première Leçon : 2 couleurs différentes l’une à côté de l’autre

Steiner préconisait cette introduction « Maintenant je vais vous dire quelque chose que vous ne comprendrez pas de suite, mais un jour prochain. Ce que nous venons de faire (placer le jaune à côté du bleu) est plus beau que ce que nous avons fait ci dessous, quand nous avons peint du vert à côté du jaune. »

Jaune est la première couleur que l’on voit quand la lumière diminue, bleu est la première couleur éclairée dans l’obscurité. Ces sont les opposés polaires, les extrêmes. Mélangées elles forment le vert. Goethe appela jaune/vert et bleu/vert les position de couleur monotone. C’est donc pour cela que c’est plus excitant, plus fascinant le jaune et le bleu. Ils offrent plus de possibilités. Les combinaisons monotones vert/jaune, vert/bleu sont plus comme des fréres et soeurs. Steiner préconise de travailler sur les opposés, sur le passif /actif, sur l’introverti, l’extraverti,  sur ce qui est beau et ce qui ne l’est pas dans ce monde. Deux couleurs différentes (ou plus) est plus stimulant pour les 6/7 ans. Travailler à partir de contes de fées permet à l’enfant de trouver la couleur et de l’associer à son imaginaire, aux humeurs décrites dans le contes, aux ambiances où les opposés s’affrontent.Quelle couleur, où et comment ?

Dans les leçons de peinture, nous ne devons pas relier les couleurs avec les choses autour de nous (même si c’est la réalité) . Par exemple le soleil est jaune, plutôt dire « aussi jaune que le soleil ». Dans les premières classes, nous connectons les couleurs  aux émotions et aux qualifications avec des adverbes, des verbes et des adjectifs mais pas avec des noms. C’est pour cela que nous essayons de trouver des émotions de base dans les images des contes de fées. Quand vous lisez un conte de fées vous pouvez souvent voir les images apparaitre en vous d’une certaine couleur, comme si vous portiez des verres colorés. Ce lien entre image et sens des couleurs dans les narrations est important pour le professeur, une très bonne source d’inspiration. POur les enfants, néanmoins, ce n’est pas important de savoir de quel conte de fée est à la base de l’exercice de peinture. Sans être conscient, ils reconnaissent l’ambiance de la couleur dans leur âme. Un mot non dit dégage une force. Les couleurs, la peinture et l’eau, le papier et les pinceaux sont suffisant pour démarrer.

Pour différencier le graphisme ou le figuratif de l’ambiance des couleurs c’est important de peindre une grande zone au tout début. C’est pourquoi nous utilisons des brosses.

Le choix de la position des couleurs  sur le papier est laissé à l’enfant le plus que possible. L’enfant se considère au centre du monde, il peint intuitivement dans et autour du milieu.

C’est cependant nécessaire pour l’éducateur de connaitre les autres possibilités. Elles apparaissent souvent spontanément sur le papier quand le mouvement d’une couleur est accentué. Un mouvement est possible  de haut en bas et vice versa, de droite à gauche, de gauche à droite, ou en diagonale au travers de la feuille. (…) les adultes quant à eux commencent souvent sur le bord de la feuille.

Ce qui est important est que l’adulte permette à l’enfant de rester connecté au chemin de sa propre expérience. La liberté doit être offerte là où c’est possible.

La totalité du cercle des couleurs est contenu dans les trois couleurs primaires. Offrir ces 3 couleurs dans une leçon, jaune, rouge, bleu, nous donnera toutes sortes de possibilités. Pour le professeur c’est important de connaitre les teintes des couleurs. Cependant la teinte d’une même couleur peut varier, chaque nouvelle séquence de couleur permet un nouvel exercice de peinture.

Exemple de cercle de couleur fait par le professeur/parent

Quand le rouge rencontre le jaune, un élément qui réchauffe apparait : courage, force, intensité. Si le rouge est le premier et que le  jaune suit, cela produit un éclaircissement des couleurs, il y a plus de clarté, l’ambiance est plus gaie, ensoleillée. Cela s’applique à d’autres séquences. Une couleur, d’une façon ou d’une autre, fait toujours ressortir l’autre. C’est en cela que c’est excitant, le bleu obscurcie le jaune en vert. Le jaune illumine le bleu à travers ce même vert. Encore deux expériences totalement différentes, sont à la base de cela.

le jaune rencontre le bleu

La teinte des couleurs avec deux ou trois couleurs pures est :

jaune/rouge

rouge/bleu

jaune/bleu

bleu/rouge

rouge/jaune

bleu/jaune

ou

jaune/rouge/bleu

jaune/bleu/rouge

rouge/jaune/bleu

bleu/jaune/rouge

rouge/bleu/jaune

bleu/rouge/jaune

Si nous peignons en alternance de grandes et de petites zones, le nombre de possibilités augmente. Une multitudes d’opportunités se produisent quand les couleurs se mélangent : orange, vert et violet. Une abondance de dialogues entre les couleurs est possible pendant les premières années. La teinte des couleurs, le mouvement des couleurs, les mouvements de l’âme et l’ambiance.

 

Bleu et jaune portés par le rouge

Steiner a pointé du doigt l’importance de changer les couleurs de place. Si une première fois le jaune est au milieu et le rouge autour de lui, la fois suivante le rouge peut être au centre avec le jaune autour de lui. Ces exercices ont un effet très productif ; ils demandent un bon niveau de flexibilité de la part de l’âme des enfants.

Encore un autre aspect dans la classe 1, c’est la peinture avec des zones limitées et des zones illimitées. Chaque couleur peut être peinte l’une à côté de l’autre.

Une limite : c’est les couleurs sont côte à côte et que l’on les distingue l’une de l’autre. Une ligne limitrophe apparait à l’endroit à l’endroit où les couleurs se rencontre.

Une autre possibilité est de laisser couler une couleur sur l’autre couleur, cela créer une transition progressive.

Les autres possibilités, les couleurs se mélanges les couleurs changent comme par magie.

Harmonise/absorbe/change magiquement/avance rapidement/être écrasé par/succomber/donner. Il est important que l’adulte communique ce vocabulaire aux enfants. Ils pourront à leur tour utiliser ces mots pour exprimer ce qui ce passe sur le papier.

Peintures libres et peintures dirigées devraient être proposées alternativement pour favoriser l’ouverture de l’esprit.

L’auteur du livre nous parle de l’importance du calme pendant le temps de peinture. Une paix sans distraction. Une ou deux leçons par semaine est idéal.

La bonne façon de peindre peut être montrée accompagné d’une chanson ou d’un poème. Chaque professeur sera libre en fonction de son imagination de proposer tel ou tel texte.

J’ai souvent besoin de donner des indications sur la façon dont on doit tenir le pinceau. les enfants peuvent caresser les poils du pinceau de l’avant vers l’arrière dans la paume de leur main pour sentir la différence entre doux et dur. Quand ils appuient le pinceau fortement et de façon verticale sur la feuille, le matériel peut être endommagé. le papier imbibé d’eau est fragile.

Le coup de pinceau ne doit pas être trop rapide. Pas de gros traits côte à côte. On peut rappeler que « Nous ne sommes pas en train de repeindre le sol ou le mur de la maison » .

Dans les premières années spécialement, c’est très intéressant pour les enfants de découvrir le degré de sécheresse ou d’humidité de la peinture et de voir ce que les couleurs font ensemble. l’autre extrémité est la peinture très humide où les couleurs se figent, alors le mouvement n’est plus visible.

pour télécharger gratuitement ce livre en anglais c’est sur la librairie en ligne waldorflibrary


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